www.AIDS-HOSPICE.com
Introduction au site.
Ce site est susceptible d'intéresser les responsables de soins médicaux dans les mouroirs pour sidéens qui ne peuvent utiliser les facilités hospitalières (laboratoires, rayonsX, spécialistes, morphine...)
Ces responsables savent déjà qu'en ces "mouroirs" arrivent aussi des malades qui ne peuvent pas être considérés comme des "mourants". Il n'est pas rare d'observer un entrant supposé venir mourir chez nous "ressusciter" avec très peu de choses et ne mourir que quelques mois ou quelques années plus tard... Il est souvent impossible de les transférer ailleurs pour des raisons sociales et/ou familiales et/ou culturelles et/ou logistiques. L'erreur d'aiguillage est parfois une "erreur". Mais le plus souvent elle est attribuable à "l'hystérie collective" en matière de Sida et à la mauvaise volonté voire la cruauté de certains hôpitaux.
Sans labo, sans rayonsX, et sans document médical exhaustif, malgré notre bonne volonté, nous posons trop souvent des diagnostics érronnés. Cela nous conduit parfois à condamner des hommes, des femmes et des enfants à des soins dits "palliatifs" alors que des soins curatifs bon marché sont accessibles. Pour ces raisons et d'autres il serait insensé pour nous de suivre des protocoles 100% "palliatifs".
Il est à noter par ailleurs que, sur le "champ de bataille", le concept de "soin palliatif" est ambigu. Dans nos conditions de travail, sans morphine (et même avec!), la distinction entre "palliatif" et "curatif" n'est pas souvent un concept opérationnel. Faut-il accepter des diarrhées cataclysmiques, des étouffements lentement progressifs ou des migraines atroces qui proviendraient de maladies curables parce qu'on lui refuse aussi une thérapie antivirale?... Celui qui répond "oui" est un homme de bureau, pas un homme de terrain. Pour les immunodéprimés, la diarrhée, la dysphagie, la pneumonie la migraine et que sais-je encore ont des étiologies spécifiques: des protocoles spécifiques sont nécessaires même si la thérapie antiHIV ne l'est plus.
Nous devions donc nous donner une méthode de travail adaptée à notre cause. Les protocoles proposés sont fondés sur une expérience dans un mouroir mal organisé. Ils sont conçus pour une salle où les travailleurs manquent (ou travaillent de trop nombreuses heures par jour), où le "turn over" des travailleurs est beaucoup trop rapide et où, pendants des mois parfois, il n'y a ni médecin ni infirmière... Ils obéissent aussi à d'innombrables contraintes locales qui découragent les ONGs. Ces protocoles se veulent à la portée des travailleurs non spécifiquement diplômés mais intelligents et capables de prendre des initiatives...
Enfin et surtout, ces protocoles sont victimes du peu de connaissance théorique de son principal rédacteur. Je ne cache pas que j'ai créé ce site surtout pour recevoir des avis, des corrections et... des visites de professionnels! En bas de chaque protocole, il y a des liens électroniques vers des adresses émail. Utilisez-les, s'il vous plaît, lorsque vous pensez pouvoir me donner un conseil technique. (Par pitié épargnez-moi les conseils et encouragements moraux/religieux.)
Certains protocoles font appel à des médicaments relativement coûteux: le fluconazole, la gentamycine, le ciprofloxacine... Nous les citons pourtant car ces médicaments-là méritent plus que d'autres qu'on se batte pour en obtenir des donations. N'importe quel médecin saura proposer une alternative avec les médicaments localement disponibles
D'autres médicaments ne sont jamais évoqués pour des raisons logistiques, logique, légales, économiques ou techniques: amphotéricine, morphine, clarythromycine...
Tout nos protocoles, avant d'êtres utilisés, doivent donc être analysés par un médecin afin de désigner des alternatives adaptées aux conditions locales: médicaments disponibles, niveau d'organisation de la salle, stabilité et compétences du personnel, nombre de travailleurs, possibilité ou non d'injecter... La raison d'être de ce site est d'ailleurs moins de suggérer des traitements que de chercher des moyens faciles (et bon marché!) de faire des diagnostics utiles pour des "patients terminaux" mourants du SIDA.
Depuis septembre 2003, nous traitons (autant que possible) nos malades par des médicaments antiretroviraux (ARV). La Thaïlande en effet a commencé non seulement à produire des génériques bon marché mais aussi, sous certaines conditions, à assumer les charges financières et techniques de ces traitements. Les traitements ARV posent pas mal de problèmes pour les patient ayant un taux de CD4 très bas. Or le taux moyen de CD4 est < à 10 dans nos salles. Nous avons donc cru utile d'introduire quelques pages sur les ARVs dans ce site web à l'intentions des praticiens qui travaillent dans les même conditions que nous. Nous les avons rédigées en pensant tout particulièrement à ceux qui n'ont pas (ou peu) accès aux facilités hospitalères et qui n'ont que quelques NRTIs et NNRTIS à leur disposition..
Mo Yves (MD)
Wat PhraBatNamPhu est un mouroir pour séropositifs où chaque anné plus de 500 patients meurent. C'est à LopBuri en Thaïlande. On cherche un médecin volontaire qui accepterait de faire un tour de salle au moins deux fois par semaine.
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Notes
Notes techniques
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