Il y a la souffrance terrible d'être soudain paralysé, anéantis par une dégénérescence longue et progressive. Handicapé par un accident vasculaire, un accident de la route, une mauvaise naissance, une maladie génétique.

Il y a encore et surtout pour ces personnes la souffrance terrible de gâcher la vie des autres; ici celle d'un partenaire aimant, là d'un parent ou d'une personne de bonne volonté simplement, qui aura accepté la charge terrible de changer des couches, de donner la becquetée, de transbahuter un corps lourd et mou, de laver un corps laid, amputé, spastique... de distraire un esprit mélancolique, dépressif, aphasique. Souffrance terrible que de gâcher involontairement la liberté, les ressources, l'avenir d'un autre qui est là, présent, serviable par gentillesse, par vertu ou par devoir.

À tous ceux qui doivent assumer d'aussi terribles inconforts parce qu'ils ont gardé la conscience de ce qu'ils sont et de ce qu'ils représentent comme charge pour la société, ô Dieu, je T'en prie, offre parfois d'être aussi une source de joies.

Seigneur, interviens ! Utilise-moi s'il se peut, transforme-moi pour que je me laisse utiliser par Toi.