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"Giron Robert Wery" Projet social privé |
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Il l'aurait fait lui-même...
Robert Wery, époux de Lydia Gérard, est mort en septembre 2005. Il était le père de quatre enfants. Il avait reçu une formation d'ingénieur électronicien et il a consacré sa vie professionnelle à la recherche technologique. Comme beaucoup d'ingénieurs, il pensait beaucoup, et même trop. Il utilisait la logique même là où elle n'explique plus grand-chose, ce qui en faisait un homme perfectionniste, anxieux, et parfois désemparé. Mais, surtout, Robert Wery était bon... Son cœur ne connaissait ni la haine ni la rancune. Il souffrait de voir souffrir. Il savait que la misère existait et savait même qu'elle pouvait avoir des visages méconnus... Si le destin lui en avait donné l'occasion, il n'aurait certainement pas hésité à s'investir d'une manière personnelle dans un projet d'aide et d'entraide... malgré sa timidité, sa santé fragile, ses responsabilités. Le destin en a voulu autrement. Au sortir de la guerre, pour les ingénieurs, tout était à reconstruire dans son propre pays... Il était de cette génération qui a refait la prospérité économique de l'Occident sur d'autres fondements que la colonisation. Il savait qu'il y avait des laissés-pour-compte. Il a toujours supporté divers projets d'entraide sociale. Il fallait alors, en hommage, qu'un de ces projets porte son nom. Un de ses fils s'est chargé de l'affaire...
Présentation du projet "Giron Robert Wery" Ce fils étant depuis longtemps engagé dans la lutte contre le SIDA, le ‘Giron Robert Wery' a voulu d'abord se consacrer plus spécifiquement aux problèmes liés à cette épidémie. Avant que les traitements antiviraux ne deviennent plus accessibles et que la prévention de la contamination in utero des bébés ne devienne effective, ce sont le plus souvent les grands-parents qui prenaient en charge les orphelins (contaminés ou non). Aujourd'hui ces grands parents sont devenus des vieillards et ces orphelins entrent dans le monde du travail ou entament des études supérieures. Au départ, le projet envisageait donc d'aider :
À cause des réalités du terrain, il a fallu immédiatement élargir le champ d'action du ‘Giron Robert Wery' à quelques-uns de ces enfants séropositifs infectés par la mère (malgré les campagnes de préventions aux maternités) et qui, par des revers du destin, sont aujourd'hui en situation précaire. Comme le projet a pu obtenir une bonne infiltration dans les milieux défavorisés de la région de Sarapie près de Chiangmai, de nouvelles criantes injustices sociales se sont fait connaître qui ne pouvaient nous laisser indifférents. Après quelques mois d'activités, nous avons considéré qu'il était impérieux d'étendre notre assistance à quelques autres catégories de personnes qui ne sont pas (ou alors très indirectement) affectées par les effets de l'épidémie du SIDA. Parmi eux, essentiellement des vieillards... Puis ce fut les tétraplégiques...
Formes d'assistance. Le "giron" préfère aider d'une manière régulière et prolongée que d'une manière ponctuelle car c'est ce qui manque le plus sur ce genre de terrain. L'aide peut être logistique (organiser une hospitalisation ou une scolarisation...), financière (scholarship, rente alimentaire...), directe (nursing...) ou combinée. Rarement le "giron" soutient d'autres projets déjà existants et animés par un autre staff.
Singularités du projet ‘Giron Robert Wery - Le projet est libre de toute contrainte confessionnelle ou politique. Robert Wery lui-même était chrétien mais il n'aurait jamais accepté que des critères religieux et encore moins politiques puissent influencer une stratégie d'assistance. - Libre de toute idéologie religieuse ou politique le projet est aussi libre de contraintes statutaires. Il se veut avant tout pragmatique. Le projet Robert Wery a progressivement renoncé à délimiter trop précisément le champ de son action. "Flexibilité" ...un mot-clé pour répondre aux mille visages imprévisibles de la soufrance. - Le projet vivant essentiellement de ses propres ressources financières et non de donations extérieures, il n'a de compte à rendre qu'à son staff et à ses bénéficiaires. Cela signifie en pratique qu'il ne dépense RIEN en frais de bureau, en devoirs administratifs, en assurances... PAS de frais de représentation. AUCUN investissement pour des recherches de fonds. PAS de frais pour défiscaliser les donateurs, etc. (Ceci est suffisament rare pour mériter d'être mentionné; il est tout à fait commun que les projets sociaux consomment plus de la moitier de leurs budgets pour leurs frais de fonctionnement et leurs recherches de fonds...) - Si, de fait, c'est préférentiellement dans la province de Chiangmai que nous agissons, c'est parce que c'est un champ d'actions où nous avons une meilleure maîtrise des tenants et aboutissants de chaque initiative. Nous y sommes en bonne posture pour nous protéger contre la mauvaise foi, le gaspillage de moyens et la corruption. (Ceux qui ont déjà travaillé dans des milieux défavorisés savent les problèmes inhérents à ces milieux: difficulté de capitaliser de l'argent, dépenses illogiques, mensonges protectionnistes, alcoolisme, endettement, manque de perspectives à moyen et long terme et autres formes de serpents sous les pierres.) C'est donc par pur pragmatisme que le Giron Robert Wery -sauf exceptions très circonstanciées- ne soutient que des personnes vivant à proximité de Chiangmai en Thaïlande.
Financement du projet. Comme indiqué ci-dessus le projet vit sans supports extérieurs. Son budget n'est donc pas énorme mais, sur place, dans les pauvres campagnes de Chiangmai, le coût de la vie est nettement moins élevé qu'en Europe. L'argent du projet est géré par un autre fils de Robert Wery qui s'adaptent autant que possible aux desiderata du directeur de projet. Ces desiderata se résument en deux sentences :
Le gestionnaire essaye tant que possible, par-delà les crises financières, les dévaluations, l'inflation et autres aléas de la vie économique, de permettre au Giron d'assurer ses engagement à long terme pourvu qu'il reste dans une fourchette budgétaire de base qu'il aura lui-même évalué.
Management du projet. Pour le moment, le projet est dirigé par Paul-Yves, fils de Robert Wery, qui habite au coeur de la zone que le projet recouvre. Il est principalement aidé par Oor Chaikularb, 45 ans, une Thaïlandaise sans diplôme que Paul-Yves a choisi pour ses compétence singulière et qui est jusqu'à nouvel ordre la seule salariée. C'est elle bien plus que Paul-Yves qui est au cœur des découvertes des difficultés sociales à résoudre. C'est elle aussi la cheville ouvrière des investigations consécutives à chaque décision de prise en charge. Paul–Yves n'est plus ni naïf ni débutant en la matière. Il sait que comme étranger, il n'a aucune chance d'entrer profondément dans l'imbroglio des tenants et aboutissants des difficulté sociales d'une région d'Asie. Tout au plus pourra-t-il essayer de suivre Oor là où les finasseries linguistiques, les rumeurs, les mensonges, les pudeurs et le jeu de cache-cache font la règle de vie. Oor a une connaissance stupéfiante des réalités de la rue, des misères discrètes ou cachées, des atavismes inhérents à la "caste des pauvres" qui compliquent quasi toujours les progrès de leur insertion ou réinsertion sociale... Les décisions d'engagement et les moyens qui seront mis en oeuvre sont prises par Paul-Yves qui les assorti d'investigations et de suivits qui peuvent provoquer plus tard une rupture d'assistance (quatre cas sur deux ans d'activités dont un cas dramatique puisqu'il est surtout notre aveu d'impuissance là où une petite séropositive est pourtant médicalement en danger à cause d'un environnement imperméable au bon sens et au prises de responsabilités les plus élémentaires)
Paul Yves Wery - Avril 2008
Pour connaître et comprendre l'évolution du projet, cliquez sur les liens ci-dessous
Chroniques du Giron Robert Wery
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